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BLA BLA THÉ - Partage de Coups de ♡ littéraires - Volume 5

Voici le Bla Bla Thé - Volume 5 pour partager avec vous nos Coups de cœurs littéraires et pour vous offrir de passionnantes lectures et/ou d’agréables découvertes.

BLA BLA THÉ - Partage de Coups de ♡ littéraires - Volume 5

 





Voici le Bla Bla Thé - Volume 5, pour partager avec vous nos Coups de cœurs littéraires et pour vous offrir de passionnantes lectures et/ou d’agréables découvertes.





Coup de 🧡 numéro 1 par Véronique




LE BAL DES FOLLES / Victoria Mas chez Albin Michel, 2019, 256 pages

🏆   Renaudot - Prix des Lycéens - 2019


Résumé :

En 1885, J.-M. Charcot ajoute aux techniques expérimentales visant à soigner ses malades un rendez-vous festif, costumé et dansant destiné à éveiller leur esprit. S'y croisent Thérèse, une vieille prostituée, la petite Louise, une enfant violée, Geneviève, l'intendante, et Eugénie Cléry qui entre en contact avec l'âme des disparus. Premier roman.




Avis de Véronique :

L'action se passe, à la fin du XIXème siècle, à l'hôpital de la Salpêtrière alors placé sous la responsabilité de l'incontournable Professeur CHARCOT, qui devait laisser son nom dans l'histoire de la médecine pour ses recherches sur l'hystérie.

Époque fascinante, à l'aube de changements décisifs, mais aussi redoutable, notamment pour les femmes. On enfermait alors à la Salpêtrière, ce que Paris ne savait pas gérer : les malades et les femmes.

"Comme si les entraves intellectuelles n'étaient pas déjà suffisantes, il fallait les limiter physiquement. A croire que pour imposer de telles barrières, les hommes méprisaient moins les femmes qu'ils ne les redoutaient".

Le point de départ de cette histoire se trouve ici résumé : notre jeune héroïne, Eugénie Cléry, issue d"un milieu bourgeois, commet l'erreur de confier à sa grand-mère sa médiumnité, et se voit internée de force par sa famille, terrifiée par le "qu'en dira-t-on". Seul son frère cherche à lui venir en aide. Du jour au lendemain, elle est abandonnée à son sort, mise à l'isolement en plein coeur de la capitale, et condamnée à passer le reste de sa vie en compagnie de femmes malades et psychiquement instables. Elle se rebelle, refuse toute nourriture, devient violente, avant de se laisser aller et de finalement retrouver l'espoir de s'évader.

L'écriture est simple, mais efficace et claire, avec ce qu'il faut de dialogues et sans longueurs inutiles.

Le thème de la folie est fascinant pour nous qui nous croyons sains d'esprit. Il est ici traité de façon finalement assez superficielle.

La surprise vient plutôt du décalage entre les idées préconçues que l'on se fait d'un asile et la réalité de l'époque. Pour ma part, je m'attendais à des scènes d'une grande violence physique et psychologique, à des séances d'électrochoc, des bains glacés, des mises sous camisoles de force dans des chambres capitonnées, et des coups, des brimades, de l'humiliation.

Certains "codes" sont bien présents mais, en filigrane, l'auteur n'insiste pas plus que nécessaire sur les brimades subies par ces femmes.

Et même si les malades font figure de cobayes, qu'elles sont manipulées, examinées sous toutes les coutures, et que leurs crises nerveuses sont mises en scène dans un amphithéâtre pour le plus grand plaisir des bourgeois avides de sensations fortes, on ressent, toutes proportions gardées, un léger "mieux".

Pour certaines, et c'est l'aspect le plus surprenant du livre pour moi, l'asile est surtout un refuge, plus sécurisé que la vie au dehors. Beaucoup de ces femmes subissaient au quotidien, parfois depuis l'enfance, la violence de leur famille, de leur conjoint, de leur patron, de la société en général où elles ne trouvaient pas leur place. Elles choisissaient alors, comme le personnage emblématique de Thérèse, de se cloîtrer à l'hôpital, entourées de leurs soeurs de misère. Elles s'adaptaient, s'épaulaient, s'estimaient, s'amusaient ensemble (notamment lors de la préparation de ce fameux bal des folles) et faisaient en sorte de cheminer vers une certaine forme de résilience, à défaut de guérison.

Bien sûr, beaucoup étaient réellement malades, et nous sommes très loin du monde de Walt Disney, mais pas non plus dans un monde sans aucune humanité, peuplé par des tortionnaires sans pitié.

Bien sûr, les infirmières sont glaciales et font preuve d'une totale absence de compassion.

Bien sûr, le coton imbibé d'éther reste le moyen privilégié pour dompter les indociles.

Bien sûr, il existe une salle d'isolement et des moyens de contention...

Toutefois, on comprend que les méthodes changent et que les conditions de vie des pensionnaires s'assouplissent avec l'arrivée de Charcot qui semble, dans une certaine mesure, gagner la confiance de ses "marionnettes" et l'estime de son personnel zélé.

L'approche est différente. La compréhension du cerveau humain prime sur la répression.

Ce qui est plus critiquable, à mon avis, est la place donnée au surnaturel dans l'histoire. L'objectif était sans doute de pimenter le récit, de rajouter un grain de… folie, mais le lecteur craint une dérive vers la science-fiction et l'histoire perd de sa crédibilité. Le sujet était pourtant suffisamment riche sans avoir à en rajouter, à mon sens.


Sur le m
ême thème, je vous conseille la lecture de "La salle de bal " de Anna HOPE.





Coup de 🧡 numéro 2 par Véronique


Chienne - Marie-Pier Lafontaine - Le Nouvel Attila - Grand format - Le Hall  du Livre NANCY


CHIENNE / Marie-Pier Lafontaine chez Le nouvel Attila, 2020, 106 pages

🏆 Prix Sade 2020


Résumé :

Un homme soumet ses deux filles aux coups, aux insultes et aux humiliations durant toute leur enfance et leur adolescence, sous le regard silencieux de leur mère, persuadée qu'il n'y a aucun viol. La narratrice raconte comment elle s'est reconstruite, reprenant confiance en elle grâce aux pouvoirs de la littérature, en retrouvant un corps et une parole. Premier roman.


Avis de Véronique :

Récit court mais percutant, et hélas intemporel, d'une enfance volée. Attachées, tenues en laisse comme des animaux familiers, contraintes de se déplacer nues à quatre pattes, d'uriner sur du papier journal, de manger leurs excréments, étranglées par une laisse jusqu'à l'évanouissement, frappées, humiliées, terrorisées, violées : l'auteur et sa sœur ont été martyrisées par leur père, "tous les jours". Ces trois mots reviennent souvent au cours du récit et font froid dans le dos... "tous les jours", sans répit...

Pour survivre, il fallait respecter les deux règles d'or : ne jamais pleurer, ne jamais parler. Leur "chance" : être ensemble, se soutenir pour tenir face au monstre.

Le ton, implacable, est donné dès le premier chapitre : "Je voudrais que ce texte décime ma famille entière".

Pourtant, Marie-Pier Lafontaine ne cherche pas la vengeance, elle dénonce froidement, comme détachée. Inutile d'en rajouter, de commenter des faits et des situations, qui parlent d'eux-mêmes. Elle ne peut rejouer son enfance, l'effacer entièrement, s'inventer une mère aimante et protectrice, alors elle couche ses souvenirs terrifiants sur le papier, pour mieux se distancer de toute cette cruauté.

Ses phrases sont saccadées, parfois sans verbe, juste une suite de mots accouchés dans la douleur pour tenter d'exprimer l'insoutenable.

Un bel exemple de résilience par l'écriture qui nous amène à nous poser la question : Peut-on réussir à mener une existence "ordinaire" après avoir subi un tel déchaînement de violence physique et psychologique au quotidien ?

Le témoignage de Marie-Pier Lafontaine semble apporter une réponse affirmative et suscite l'admiration.






Coup de 🧡 numéro 3 par Chloé


Que sur toi se lamente le Tigre - broché - Emilienne Malfatto - Achat Livre  | fnac


QUE SUR TOI SE LAMENTE LE TIGRE / Émilienne Malfatto chez Elyzad, 2020, 77 pages


Résumé :

Dans un village en Irak, une jeune fille tombe amoureuse d’un garçon. Un jour, le garçon se fait pressant et a un rapport sexuel avec la fille. Commence alors un long chemin tortueux pour cette jeune fille qui à oser se donner à un homme avant le mariage. Premier roman.


Avis de Chloé :

Emilienne Malfatto raconte dans ce court roman une histoire d’amour qui pourrait sembler banale si elle n’avait pas lieu en Irak, entre deux personnes qui ne sont pas mariées. Elle raconte aussi la situation difficile de la jeune fille avec ses frères, son père. C’est avec beaucoup de poésie, de douceur qu’elle nous parle de cette dure réalité : la femme en Irak n’est rien, les hommes décident de tout.




Coup de 🧡 numéro 4 par Chloé

 

La Scandaleuse, de Michel Peyramaure



LA SCANDALEUSE : ROMAN DE LOUISE LABÉ / Michel Peyramaure chez Calmann Levy, 2020, 207 pages


Résumé :
Louise Labé est une poétesse de la Renaissance, femme de lettres, elle sait s’imposer dans le monde des hommes en montant à cheval, en se battant, en montrant son esprit littéraire. C’est aussi une femme qui ne veut pas se marier, elle collectionne les conquêtes. Très indépendante et féministe pour son époque, Louise vit sa vie comme elle l’entend au risque d’en choquer plus d’un.



Avis de Chloé :

Michel Peyramaure nous raconte dans ce roman, le destin d’une femme en avance sur son temps. Elle s’octroyait des libertés. Jusqu’à présent aucune femme n’osait le faire ; coucher avec un homme sans être marié et avoir plusieurs amants, c’était aller contre la société. On suit cette femme du début jusqu’à la fin de sa vie, elle aura vécu sa vie comme elle le souhaitait. Adolescente, elle échappe momentanément au mariage et se travestit en homme pour participer à une campagne militaire. Elle côtoie les plus grands poètes de son temps : Jean de Vauzelles, Clément Marot, Pontus de Tyard, Olivier de Magny ou encore Pierre Woeriot.

L’auteur met surtout le caractère libertin en avant, comme s’il voulait que ce roman ait une résonance avec notre époque. Pourquoi une femme ne pourrait-elle pas éprouver du plaisir et vivre sa vie comme elle l’entend ? Question qui se posait hier, question qui se pose encore aujourd’hui.







Coup de 🧡 numéro 5 par Chloé


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LES CAVES DU POTALA / Dai Sijie chez Gallimard, 2020, 186 pages


Résumé :

Bstan Pa est peintre au Tibet, au service de la religion bouddhiste. En 1968, les communistes chinois investissent le palais du Dalaï-Lama pour les soumettre à l’idéologie communiste et à l’autorité de Mao Zedong. Pendant sa captivité, Bstan Pa repense à son art, sa façon de préparer ses couleurs, de les poser sur ses feuilles de papier.



Avis de Chloé :

Très belle découverte de cette rentrée littéraire. Les caves du Potala nous replonge à une époque passée, en 1968, et en pleine révolution culturelle où le gouvernement chinois a voulu soumettre le Tibet à son autorité. Mais l’écrivain chinois Dai Sijie n’a pas voulu écrire un roman triste, au contraire il a fait un roman beau, coloré et spirituel puisque son personnage repense à son art, à ce qui l’anime.





Coup de 🧡 numéro 6 par Laurence


Un jour viendra couleur d'orange, de Grégoire Delacourt | Éditions Grasset



UN JOUR VIENDRA COULEUR D'ORANGE / Grégoire Delacourt chez Grasset, 2020, 267 pages


Résumé :

Dans une France en proie à la révolte, Geoffroy, 13 ans, s'échappe dans un monde imaginaire. Sa pureté bouleverse ses proches, que ce soit Pierre, son père avec qui il n'arrive pas à communiquer, Louise, sa mère protectrice ou la jeune Djamila, confrontée à la convoitise des hommes.



Avis de Laurence :

Ce roman relate de façon sensible des drames humains et des combats d'aujourd'hui. Les personnages manquent d'amour, de travail et de bienveillance. L'auteur arrive pourtant à tisser avec ces lacunes une histoire d'une belle humanité et très facile à lire.







Coup de 🧡 numéro 7 par Laurence


Une rose seule - Muriel Barbery - Babelio


UNE ROSE SEULE / Muriel Barbery chez Actes Sud, 2020, 157 pages


Résumé :

Rose, botaniste française, quadragénaire et célibataire, apprend qu'elle est l'héritière de son père, un Japonais qu'elle n'a jamais connu. Elle part alors à Kyôto pour assister à l'ouverture du testament. Paul, l'assistant de son père, l'accueille et lui fait découvrir la ville à partir d'un itinéraire imaginé par le défunt.



Avis de Laurence :

Un roman sur l’amour, la paternité, mais également sur le Japon, ce pays que l’on fantasme sans vraiment le connaître et qui prend matière sous la plume de l’autrice. De la douceur, une fin positive… C'est le court texte intelligent de la rentrée qui repose les yeux et l'âme.


Écrit par Héléna GIL

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L'équipe des bibliothèques du choletais souhaite à travers ce blog échanger avec vous en vous proposant des articles pour voir, écouter, lire, découvrir, s'amuser que l'on soit grand ou petit.